Analogues au GLP-1 (Ozempic, Wegovy, Mounjaro, etc) et les enjeux nutritionnels à connaître
Les traitements analogues du GLP-1 font beaucoup parler d’eux. Ce sont des molécules conçues pour imiter l’action du GLP-1 naturel (une sorte de GLP-1 de synthèse). En se fixant sur les récepteurs, elles reproduisent et prolongent certains de ses effets sur la glycémie, la satiété et l’appétit. Alors, que font ces médicaments “coupe-faim” et quels sont les enjeux nutritionnels ?
Comprendre le mécanisme
Le GLP-1 est une hormone naturellement produite par l’intestin après un repas.
Son rôle :
• Stimuler l’insuline → baisse de la glycémie
• Ralentir la vidange gastrique → satiété prolongée
• Diminuer la libération du glucagon → contribue à réguler la glycémie
Les traitements analogues au GLP-1, comme Ozempic, Mounjaro ou Wegovy, amplifient cet effet physiologique.
Les conséquences directes
→ Diminution importante de l’appétit
→ Sensation de satiété rapide et prolongée
→ Réduction spontanée des apports alimentaires
Ces 3 facteurs peuvent induire une perte de poids. Cependant, la perte de poids n’est pas uniquement liée à la quantité de nourriture consommée. La composition corporelle peut également évoluer : une partie du poids perdu peut provenir de la masse grasse, mais une perte de masse musculaire peut aussi survenir, notamment lorsque les apports en protéines et l’activité physique sont insuffisants.
Les risques à long terme
Souvent, ce qui pose problème, c’est la composition des repas. Du fait de la perte d’appétit, on mange peu, et il faut pourtant bien apporter tous les macronutriments, dans des proportions souvent réévaluées.
Si l’on n’a pas appris auparavant à construire des habitudes alimentaires, les chances de reprendre du poids après le traitement et de finir par avoir des carences nutritionnelles induites par une alimentation appauvrie sont élevées. Les troubles digestifs peuvent survenir et doivent être accompagnés, et l’hydratation doit être pensée elle aussi.
Ce qui est essentiel pour moi
Lorsque l’on diminue drastiquement son apport calorique, chaque repas doit être optimisé et dense en nutriments : il faut prioriser les protéines, les fibres, les vitamines et les minéraux avec des aliments qualitatifs, variés et frais.
Au-delà de l’alimentation, la perte de poids ne doit pas se faire au détriment du muscle. Le risque, en déficit calorique, est la perte de masse musculaire en parallèle de la perte de graisse, d’où l’importance du renforcement musculaire pour préserver le métabolisme sous traitement.
Garder en tête que ce traitement, initialement créé pour les personnes diabétiques, est aujourd’hui donné parfois facilement pour une perte de poids, sans stratégie et surtout sans analyse du terrain : Qu’est-ce que la personne a vraiment mis en place auparavant pour sa perte de poids ? Est-ce qu’une anamnèse et un bilan sanguin ont été réalisés pour identifier une éventuelle résistance à l’insuline, ses causes, son statut hormonal, sa thyroïde ? Est-ce que l’hygiène de vie a été discutée ?
Pour moi, ce traitement n’est à envisager qu’après avoir investigué les risques, les stratégies déjà mises en place, réalisé un bilan médical poussé, et surtout avec un accompagnement très cadré avec un·e diététicien·ne ou un·e nutritionniste.